Prolongement numérique du journal Place publique, publié depuis l'été 2010 par des citoyens du pays de Reillanne dans les Alpes de Haute Provence

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De la politique sans vertu ni vision !

Ce n’est pas tant l’évocation présidentielle des flux migratoires consécutifs aux soulèvements démocratiques arabes qui m’insupporte que l’ absence de vision de l’ histoire qui s’écrit pourtant devant nos yeux à l’encre de valeurs universelles chéries depuis 1789 : liberté, fraternité…

Il est vrai que comme le président avait déjà à peine consacré quelques minutes à la crise arabe dans sa précédente causerie de deux heures et demie, quelques secondes dans une allocution de six minutes lui suffirent pour distiller à nouveau la peur intérieure…

 

Quant au départ forcé de MAM, celui-ci ne relève pas seulement d’une politique étrangère empêchée, mais aussi -et surtout, après le feuilleton Woerth- d’une formidable défiance de l’opinion publique en réaction :

-aux abus de privilèges de personnages publics utilisant leurs fonctions à des fins d’enrichissement familial,

-à l’ incapacité de ceux-ci à prendre conscience de la similitude de leurs comportements avec ceux des dictateurs visités -même s’ils s’en écartent par leur caractère exceptionnel et le montant des sommes concernées…- et à les rectifier, contrairement à ce qui se pratique couramment en Europe, et en Allemagne aujourd’hui…

Cet autisme assourdissant aggrave donc la fracture de légitimité démocratique entre le peuple et son exécutif.

Fracture que le replâtrage présidentiel ne suffira à réduire car cette déconnexion de la réalité et de la décence communes se trouve confortée par le retour imminent à l’Assemblée nationale de l’impudente ainsi impunie (retour rendu possible, comme celui de Woerth, par une récente révision constitutionnelle d’origine présidentielle).

C’est ainsi qu’une ministre virée du gouvernement par la « vox populi » va retrouver un mandat parlementaire sans repasser par la case « élections » alors qu’elle n’a pas siégé à l’Assemblée nationale depuis onze ans!

Quid donc alors de sa légitimité à représenter le peuple de 2011, comme..?

 

Quid enfin et surtout des prochaines conséquences de ce déni démocratique sur l’abstention et le vote populaires..?

 

                                                      Georges Menegazzi

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