Prolongement numérique du journal Place publique, publié depuis l'été 2010 par des citoyens du pays de Reillanne dans les Alpes de Haute Provence
Les parents ne veulent plus que l'on dégrade ENCORE les conditions de fonctionnement de l'école de leurs enfants.
Les suppressions de postes ne concernent pas que l'école de Reillanne. 24 AVS et EVS dans le seul département des Alpes de Haute Provence sont destinés à passer à la trappe.
Ce dispositif d'aide à la vie scolaire était destiné à compenser un peu les surcharges d'effectifs des classes. Les personnes affectées à ces postes assuraient soit une aide individualisée pour des enfants en grande difficulté, soit des tâches péri-scolaires, comme par exemple l'initiation à l'informatique. La tendance semble être de les faire disparaître petit à petit.
Dans le cas particulier de Reillanne, la municipalité a investi pour équiper l'école en appareils informatiques, ce qui a permis au passage à une multinationale du secteur d'empocher de substantiels bénéfices. Une EVS était affectée à l'apprentissage informatique ; si son poste est supprimé, comme annoncé, ces ordinateurs ne seront plus utilisés, les institutrices n'ayant pas le temps de s'en occuper. Gaspillage des deniers publics, par incapacité à mener une politique de long terme !
La notification officielle de suppression du poste est arrivée à l'école la semaine de la rentrée, début mars. Elle doit prendre effet ...le 21 mars ! Sans parler de la personne concernée qui prend de plein fouet la brutalité de l'imminence de son rejet, l'équipe enseignante est tenue de faire face, sans considération des conséquences pour les enfants, de cette défection sans préavis ! C'est la politique du fait accompli. Les intéresses sont pris de court pour organiser la protestation. C'était, sans doute, la méthode employée par le DRH de l'Oréal, reconverti en ministre de l'Education Nationale, Luc Chatel.
Les types de contrat d'embauche de ces emplois témoignent déjà d'une régression notable dans le traitement des travailleurs. Employés sur des durées reconductibles, d'un mois, de 6 mois, d'un an, il est impossible, pour ces personnes de planifier leur vie, de s'organiser, de faire des projets. Beaucoup sont des femmes seules pour élever leurs enfants.
Par ailleurs, leur salaire est compartimenté : payé pour partie par le Conseil Général, pour partie par la mairie, quand il n'y a pas une 3ème tranche à la charge de l'Inspection Académique. Dans ces conditions, qui est réellement l'employeur ? En cas de problème, à qui s'adresser ?
Les arcanes administratives rendues volontairement de plus en plus compliquées et confuses découragent ces salariés déjà fragiles.
A cela, les parents, eux-même parfois confrontés à ce genre de difficulté dans leur propre emploi, disent STOP !
Le travail à flux tendu, en pressurant les salariés, à l'école ou ailleurs, ça suffit !
Le travail précaire, où « on prend et on jette » au gré des besoins de l'entreprise, on n'en veut plus !
Les travailleurs méritent mieux que ce traitement indigne. Ils sont en droit d'exiger des emplois stables correctement payés.
Beaucoup de postes ont déjà été supprimés. Les parents se dressent pour que plus un seul ne subisse le même traitement.
La révolte gronde, et pas seulement à Reillanne.. A Céreste aussi les parents se sont emparés de l'école pour exprimer leur colère et ils n'ont pas l'intention de laisser reprendre les cours tant qu'ils n'auront pas eu gain de cause.
Depuis jeudi 17 mars, donc, l'école de Reillanne est occupée avec le soutien de la population qui a massivement signé la pétition pour le maintien de Jeanne et Pilar, indispensables au fonctionnement de l'école.
Lundi 21 mars, une délégation de parents se rendra à Digne, auprès de l'Inspection Académique et du Conseil Général.
Avec la ferme intention d'être entendus.
Gigi