Prolongement numérique du journal Place publique, publié depuis l'été 2010 par des citoyens du pays de Reillanne dans les Alpes de Haute Provence

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Lettre de Benoit Chaussin concernant sa démission

Reillanne, le 04 novembre 2014

Lettre aux Reillannai(e)s concernant ma démission de la

municipalité

Bonjour,

Je vous dois des explications concernant ma démission,

notamment à mes électeurs.

Je me suis inscrit sur une liste électorale d’Union, rassemblant

des gens de droite comme de gauche, que je ne connaissais

pas pour la plupart.

Cette liste représentait pour moi une façon de s'affranchir des

éternels clivages gauche droite et l'idée d'être utile pour le

village.

L'exercice s'est avéré difficile.

Mon idée de base était de m'appuyer sur les employés

communaux, qui sont là depuis longtemps, qui sont au courant

de tout, et qui seront là après nous. Une période d'observation

me paraissait nécessaire ainsi que de larges concertations. Les

élus ne sont que de passage.

Christine a choisi d'imposer son rythme et sa vision, sans

concertation ou si peu.

Le climat au quotidien s'est rapidement dégradé. J'ai reçu de

nombreux témoignages dans ce sens.

Nous nous sommes retrouvés bien seuls, à mon sens, et aussi

bien les employés que les citoyens ne nous comprenaient plus.

Quand la vitesse devient précipitation...

Je cite pour exemple l'accès piéton au pôle enfance, la cantine,

l'arrêt des travaux du Citystade, la coupure électrique du Café

du cours, l’inscription au vote de la fermeture de l'école de

musique au conseil de juin, etc…

De même, j'ai souffert d'un manque de communication en

interne, apprenant certaines décisions par les Reillannais plutôt

que par Christine, voyant mes actions remises en question et

ma signature annulée pour des engagements fortuits.

Ma posture se transformait en grand écart. D'autant que je ne

me sentais pas écouté.

Christine dit que j'ai quitté la mairie par copinage avec M. Pra.

Je démens totalement cette affirmation, que je trouve

insultante. Si j'ai des affinités avec Guillaume, ce que je ne

conteste pas, c'est pour ses qual i tés humaines,

professionnelles et pour son honnêteté intellectuelle. Ce dont je

témoignerai volontiers si sa situation venait à empirer. J’ai aussi

cette même relation de sympathie et d’estime pour Anke

Haussler, professeur à l’Ecole de Musique de Reillanne, et je

ne pense pas avoir fait du favoritisme envers elle. Mais je

pense que les Reillannais me connaissent suffisamment pour

juger de mon intégrité, je ne sens pas le besoin de me justifier.

On peut par contre s'interroger sur la démission simultanée de

trois adjoints, ce qui me semble être un événement majeur

dans la vie d'une municipalité. Je rappelle ici que je ne

connaissais pas Michel ESCRIVA et très peu Marie-Helene

Bouffier début 2014.

Ma démission n’est que la traduction d’une désapprobation

d’un mode de fonctionnement qui, je crois, dément

l’engagement éthique et moral que nous avions pris devant les

électeurs : l’objectif d’unité autour du vivre ensemble, l’intérêt

général dépassant les partis pris, la concertation de tous dans

une dynamique apolitique et décloisonnée.

Si j’étais Maire, je serai stupéfait par la démission de 3 de mes

adjoints, je remettrai en question profondément ma politique.

J’organiserai un moratoire de toutes décisions et j’entreprendrai

une consultation la plus grande possible. Je ne me

recroquevillerai pas dans ma coquille en me disant que ces

trois adjoints sont des lâcheurs.

D’intérêt personnel, il ne doit pas y avoir.

Reillanne est un petit village ou il fait bon vivre, cette politique

du rouleau compresseur n’y a pas sa place.

J’ai choisi de me positionner en responsabilité et en

conscience, convaincu qu’une attitude de vérité est toujours

plus réaliste qu’une posture de composition où l’on se ment à

soi même et aux autres.

C’est une grande tristesse, un échec, et je demande aux

électeurs qui m’ont donné leur confiance, de m’excuser. Par ma

présence sur cette liste, j’ai peut-être entrainé le village dans

cette politique de l’affrontement, voir de l’humiliation comme

avec Guillaume Pra.

Je me sens cette responsabilité et j’en suis triste.

Pour moi, la Municipalité doit être au service des citoyens, leur

faciliter la vie et les aider dans leur projet, pour le bien de tous.

Ce n’est pas une gouvernance de toute puissance à laquelle je

crois nous sommes appelés, mais bien à un esprit de service.

Je ne me reconnais pas dans cette gérance autocratique, ce

n’est pas ma vie, tout simplement.

Bien à vous,

Benoît CHAUSSIN, adjoint au Maire jusqu’en octobre 2014.

PS: Cette lettre a vocation a être diffusée le plus largement

possible, merci.

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